60 seconds to find an exit – Une vidéo entre stop motion et light painting

2017-08-08 // guest guest popular

Je m’appelle Vincent Delesvaux, j’ai choisi le nom de Diliz pour mes travaux photo en light painting. J’ai toujours dessiné des visages en un trait et j’ai décidé de le faire avec des cierges magiques car je trouvais l’outil approprié pour ce type travaux. Le fait qu’une fois allumé on ne puisse plus les éteindre oblige à une certaine rigueur et prête bien au dessin en un trait. Aussi les cierges ont cette texture de feu, ce côté organique et crépitant qui me plait énormément.

J’ai créé une série avec ces dessins intitulé 60 seconds to find an exit. Après avoir rencontré Darren Pearson et Dana Maltby au congrès international de Light Painting d’Oviedo en 2014, organisé par Alfredo Alvarez, j’ai eu moi aussi envie d’essayer cette forme artistique à base de photos.

J’ai travaillé cinq nuits en Espagne et au Portugal durant l’été 2014. Les scènes se passent dans des lieux abandonnés pour avoir cette impression d’un monde post apocalyptique et de solitude d’où pourtant nait une vie qui traverse les espaces en les éclairant. Toutes les photos ont été faites avec un D800, à F/13, 100 ISO. J’ai utilisé une télécommande sans fil pour pouvoir avancer dans mon animation sans avoir à me déplacer à l’appareil. J’ai créé 2000 images et cramé 800 cierges magiques pour un résultat d’une soixantaine de secondes environ.

1. EFFET DE PROGRESSION

Pour commencer j’ai écrit le titre de mon animation avec un effet de progression dans l’apparition des mots. J’ai débuté les lettres par une simple barre qui viennent ensuite à être complétées dans les images suivantes. Chaque images supplémentaire inclus donc une légère progression dans l’animation du mot, un bout de lettre en plus généralement, et toutes les images recommencent depuis le début de l’animation. J’ai caché les cierges magiques avec ma main pour créer les espaces vides entre les lettres, avec quelques cloques à la clé.

2. UTILISATION DES CALQUES

J’aime la texture des cierges magique et le fait qu’elles éclairent les lieux avec l’intensité lumineuse qu’elles dégagent. Pourtant parfois ce n’est pas suffisant si elles sont placées loin du décor. Pour capturer une texture de crépitement j’ai rapproché la mèche de l’objectif et réglé ma mise au point au minimum, j’ai pris plusieurs photos pour les animer par la suite. Afin de positionner l’effet dans un décor j’ai réalisé des éclairages du fond. Avec mon logiciel de montage j’ai ensuite superposé les deux séquences afin d’avoir une animation feu et une animation de décor.

3. GESTION DE L’ESPACE

Avant de commencer chaque animation j’ai fait une photo test pour voir où s’arrêtait mon cadre et comment faire vivre mon dessin dans l’espace en lui laissant assez de place pour qu’il puisse s’épanouir pleinement et respirer dans l’image. Entre chaque image j’ai agrandi légèrement mon dessin afin de le faire pousser dans la séquence. J’ai rajouté du détail dans les yeux qui et le sourire, qui est heureux au début puis lorsque les yeux regardent les alentours son sourire devient un rictus et il disparaît.

4. APPARITION ET DISPARITION D’UN TRAIT

Comme pour l’animation des mots, chaque image de l’animation du démon recommence au début et inclus une avancée dans le tracé du dessin. Afin de faire disparaître le visage j’ai enlevé une partie du début du trait entre chaque image. Comme le dessin n’éclairait pas assez ma scène j’ai créé une animation séparée pour le décor afin qu’il s’éclaire conjointement avec l’apparition du personnage.

5. MÉLANGE DE PERSONNAGES

Afin de pouvoir continuer mes figures sur le même chemin jusqu’à leur rencontre et mélange, j’ai travaillé chaque coté individuellement en me déplaçant jusqu’au point de rencontre puis j’ai superposé les deux séquences. Lors du montage. Le dessin qui ressort de cette fusion est un mix entre les deux visages.

6. FERMETURE

Pour clore mon animation il y a mon ombre qui apparaît dans une ouverture de porte. Cette scène est le résultat du hasard. Après avoir fini mes lettrage je me suis rendu compte que la porte derrière moi dessinait mon ombre et j’en ai profité pour clore le stop motion.

Etant donné que j’étais seul pour la réalisation j’ai seulement ouvert la porte puis attendu qu’elle se ferme en déclenchant suffisamment pour l’animer ultérieurement. J’ai ensuite inversé la séquence pour créer l’ouverture de la porte que j’ai collée à la séquence de fermeture pour avoir ce mouvement de porte battante.

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